MAFAPO

Mafapo, acronyme de Madres falsos positivos (mères de faux positifs) est une association réunissant 14 des 19 familles de disparus de Soacha en 2008, qui ont permis de faire connaître le scandale de milliers de civils assassinés par l’armée pour fabriquer de faux guerilleros.

Les faux positifs

Les Faux positifs, également appelés « exécutions extrajudiciaires » concernent des civils, choisis comme des proies dans des quartiers très pauvres, souvent sans emploi, à qui on proposait un travail bien rémunéré. Les rabatteurs amenaient ensuite ces personnes à plusieurs centaines de kilomètres de là pour brouiller les pistes. Ils étaient alors assassinés, on les habillait avec des tenues de guérilleros ou de membres des forces paramilitaires selon la zone où ils avaient été amenés, et l’armée les faisait passer pour des prises de combat. La pression était très forte pour que l’armée « améliore » ses statistiques et la multiplication des morts au combat parmi les forces insurgées était à la fois un signal envoyé aux groupes armés illégaux et à la nation, pour montrer la force de l’armée nationale. L’armée a fabriqué de faux guérilleros pour améliorer ses résultats.

Quatorze famille cherchent à faire connaître leur histoire et contribuent au processus de paix à travers leurs déclarations et leur écoute des militaires qui confessent leurs crimes devant la JEP, la cours de justice pour la paix mise en place dans le cadre des accords de paix. Elles recherchent le contact avec d’autres familles de victimes et interviennent dans des collèges pour éviter que d’autres jeunes ne tombent à l’avenir dans le piège de propositions alléchantes, cachant en réalité un piège mortel. 

 

Après un long combat, des militaires ont été condamnés, certains à des peines de 34 ans, d’autres à des peines de plus de 50 ans. Mais dans les faits, entre ceux qui n’ont pas perdu leur grade voire ont eu de l’avancement, et le millier de militaires emprisonné qui a fait appel à la Cour de justice pour la paix (JEP), instance mise en place dans le cadre des accords de paix pour juger tous les acteurs du conflit (guérilleros, paramilitaires, civils et membres des forces armées légales) et dans ce cadre ont bénéficié d’une libération anticipée, le sentiment d’injustice est grand. En faisant appel à la JEP, les militaires sont libérés et sont invités à confesser leurs crimes en échange d’une condamnation plus légère.

 

Projet d’aide de AydenCo

Achat de matériel informatique  : 670 euros